Dans la nuit noire elle se redresse -bruissement des draps.
Son visage la hante dans l'agonie des jours qui passent
Mélancolique, elle appuie sa main contre la vitre. Le verre est froid.
En dessous, la ville s'étend, immense, vulgaire. De glace.
Elle baisse les yeux, une larme coule. Elle déteste ce sentiment.
Dehors, le vent souffle. La vitre coulisse, presque toute seule.
Le souffle s'engage dans la pièce, fait voler des documents.
Elle s'en fiche. Elle avance. Se penche. Contemple le vide. Le Seuil.
Sa chemise s'agite, elle offre son cou au ciel d'ébène
Ses pieds nus sur le dallage. Créature qui se démène.
Pour finir, son choix est fait. Elle prend appuie sur le parapet
Respire. Une dernière fois. Un dernier sanglot, étouffé.
La chute est longue mais sans regret. Au contraire, elle sourit.
Que le monde est beau, une fois qu'on sourit à la vie!
Une fois qu'on est délivrée... Impact soudain. Sans douleur.
"Je t'aime." A en mourir. Je n'aurai plus jamais peur. Plus jamais peur.